Plan d’épargne retraite (PER)

Préparer sa retraite représente un enjeu crucial pour assurer son avenir financier. Depuis l’entrée en vigueur de la loi Pacte en 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’est imposé comme une solution avantageuse pour constituer un capital ou un complément de revenus.

J’accompagne régulièrement mes clients dans le choix de ce placement qui a simplifié le paysage de l’épargne retraite en France en remplaçant les anciens dispositifs (PERP, Madelin, PERCO, etc.). Le PER se décline en trois formules distinctes : le PER individuel (PERIN), le PER d’entreprise collectif (PERECO) et le PER d’entreprise obligatoire (PERO). Avec plus de 16 millions de contrats et un encours atteignant 292,7 milliards d’euros fin 2023, ce dispositif connaît un véritable essor grâce à sa flexibilité et ses atouts fiscaux considérables.

Qu’est-ce que le Plan d’Épargne Retraite et comment fonctionne-t-il ?

Le Plan d’Épargne Retraite constitue un dispositif d’épargne bloquée jusqu’à la retraite. J’observe quotidiennement l’intérêt croissant de mes clients pour ce placement, car il répond parfaitement aux enjeux de préparation financière de la retraite. Son principe fondamental repose sur l’accumulation progressive d’un capital qui pourra être débloqué lors du départ en retraite, avec des cas spécifiques permettant un déblocage anticipé.

Les différents types de PER

Dans ma pratique de conseil patrimonial, je distingue trois formules principales de PER selon les besoins de mes clients.

Le PER individuel (PERIN) s’adresse à tous et peut être souscrit auprès d’un établissement financier ou d’une compagnie d’assurance.

Le PER d’entreprise collectif (PERECO) remplace l’ancien PERCO et reste accessible à l’ensemble des salariés d’une entreprise.

Quant au PER d’entreprise obligatoire (PERO), il remplace l’Article 83 et s’impose à certaines catégories de salariés définies par l’employeur.

Modalités d’alimentation du compte

L’une des forces du PER réside dans la diversité des sources d’alimentation possibles. Les versements volontaires constituent la base la plus courante, auxquels peuvent s’ajouter l’épargne salariale (intéressement, participation), l’abondement de l’employeur ou encore les sommes issues d’un compte épargne temps.

Je recommande souvent à mes clients de considérer le transfert de leurs anciens dispositifs d’épargne retraite vers un PER, une opération qui peut s’effectuer en 3 à 4 mois avec des frais limités à 1% pour les PER détenus depuis moins de 5 ans.

Avantages fiscaux et optimisation de votre plan épargne retraite

La fiscalité avantageuse du PER en fait un outil d’optimisation patrimoniale remarquable. Je constate régulièrement combien la déductibilité des versements volontaires du revenu imposable attire les épargnants, particulièrement ceux soumis à des tranches marginales d’imposition élevées. Cette mécanique permet de réduire significativement l’impôt sur le revenu tout en préparant sa retraite.

Plafonds de déduction fiscale

Les plafonds de déduction fiscale varient selon le statut professionnel de l’épargnant :

StatutPlafond de déductionMontants 2024
Salariés10% des revenus professionnels N-1Min: 4.637€ – Max: 37.094€
Indépendants10% des revenus + majoration possible de 15%Variable selon revenus (BIC, BNC, BA)
Sans profession/RetraitésForfait4.637€

Stratégies d’optimisation fiscale

Mon approche consiste à analyser finement la situation de chaque client pour déterminer la meilleure stratégie. Le report des plafonds non utilisés sur les trois années précédentes offre une flexibilité précieuse pour maximiser l’avantage fiscal. J’attire également l’attention sur la possibilité de renoncer à la déduction fiscale à l’entrée pour bénéficier d’une fiscalité plus légère à la sortie, une option particulièrement pertinente pour les épargnants anticipant une hausse de leur taux marginal d’imposition à la retraite.

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Les options de gestion de votre épargne retraite

Dans mon métier, je constate que la gestion de l’épargne constitue souvent un point déterminant dans le choix d’un PER. Deux modes principaux s’offrent aux épargnants, chacun répondant à des profils d’investisseurs distincts.

Gestion pilotée : sécurisation progressive

La gestion pilotée, option par défaut du PER, représente une solution idéale pour les épargnants souhaitant déléguer la gestion de leur capital. L’allocation d’actifs s’ajuste automatiquement avec l’âge, privilégiant progressivement la sécurité à mesure que la retraite approche. Je guide régulièrement mes clients vers l’un des trois profils proposés :

  • Profil prudent : privilégie la sécurité avec une faible exposition aux marchés financiers, adapté aux personnes proches de la retraite ou peu enclines au risque
  • Profil équilibré : offre un compromis entre performance et sécurité, convenant à la majorité des épargnants
  • Profil dynamique : maximise l’exposition aux actifs risqués pour viser une meilleure performance à long terme, idéal pour les jeunes investisseurs

Gestion libre : personnalisation des investissements

Pour mes clients plus aguerris aux mécanismes financiers, la gestion libre permet de construire une allocation d’actifs sur mesure. Cette option offre la possibilité de sélectionner ses supports d’investissement parmi un éventail de fonds en euros à capital garanti et d’unités de compte. Je recommande généralement cette approche aux investisseurs expérimentés capables d’ajuster leur stratégie en fonction des conditions de marché et de leur horizon de placement.

Les modalités de sortie et la fiscalité à terme

L’un des atouts majeurs du PER réside dans sa flexibilité lors du déblocage à l’âge de la retraite. Mes clients apprécient particulièrement la possibilité de choisir entre différentes options de récupération.

Récupération en capital ou en rente

À l’heure de la retraite, trois options principales s’offrent à l’épargnant :

  1. La sortie en capital (intégrale ou fractionnée) : permet de disposer d’une somme importante pour financer des projets ou se constituer une réserve
  2. La rente viagère : garantit un revenu régulier jusqu’au décès, offrant une sécurité financière durable
  3. La formule mixte : combine les avantages des deux précédentes options

Imposition selon le choix fiscal initial

La fiscalité applicable varie considérablement selon les choix effectués à l’entrée. Pour les versements ayant bénéficié d’une déduction fiscale, la sortie en capital voit le principal soumis au barème progressif sans abattement et les gains assujettis au prélèvement forfaitaire unique de 30%. Pour les rentes issues de ces mêmes versements, l’imposition suit le régime des pensions avec un abattement de 10% et des prélèvements sociaux de 17,2%.

En revanche, pour les versements non déduits, la fiscalité s’avère plus légère : le principal reste exonéré et seuls les gains subissent le PFU, tandis que les rentes bénéficient du régime des rentes viagères à titre onéreux avec un abattement pouvant atteindre 70% pour les plus de 69 ans.

Les cas exceptionnels de déblocage anticipé

Bien que l’épargne constituée dans un PER soit normalement bloquée jusqu’à la retraite, certaines situations de vie permettent un déblocage anticipé. Ces exceptions répondent à des besoins impérieux ou à des accidents de parcours que je vois malheureusement survenir chez certains clients.

Motifs de déblocage exceptionnels

Parmi les cas de déblocage anticipé figure l’acquisition de la résidence principale, un motif particulièrement prisé par mes clients. Je les informe néanmoins que cette option reste indisponible pour l’épargne issue des versements obligatoires. D’autres situations comme le décès du conjoint, l’invalidité, le surendettement ou encore l’expiration des droits au chômage permettent également de récupérer son capital avant l’échéance prévue. Depuis 2024, une nouvelle possibilité s’est ouverte pour les mineurs, facilitant l’accès à leur épargne dans certaines conditions.

Fiscalité applicable en cas de déblocage anticipé

La fiscalité du déblocage anticipé varie selon le motif invoqué. En cas de décès du titulaire, j’explique toujours aux souscripteurs l’importance de la désignation des bénéficiaires. Si le décès survient avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152.500€ avant application d’un prélèvement spécifique. Après 70 ans, un abattement global de 30.500€ s’applique avant les droits de succession classiques. Le conjoint ou partenaire de PACS bénéficie quant à lui d’une exonération totale, un aspect crucial dans la planification patrimoniale que je ne manque jamais de souligner.

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